On est samedi matin, le plan de la future maison est ouvert sur l’écran du salon, et tout le monde a un avis : la cuisine devrait être plus grande, la chambre d’amis pourrait passer en bureau, le dressing est mal orienté. Kazaplan, l’outil 3D gratuit de Leroy Merlin, permet de dessiner et visualiser ces idées. Mais quand on veut travailler à plusieurs dessus, en famille, les choses se compliquent vite.
Compte Leroy Merlin partagé : le vrai frein au travail collaboratif sur Kazaplan
Kazaplan n’est plus une plateforme autonome. Depuis la reprise de Kozikaza, chaque projet est rattaché à un compte client Leroy Merlin. On ne crée pas de profil Kazaplan indépendant, on se connecte avec ses identifiants Leroy Merlin.
En pratique, cela pose un problème concret pour les familles. Si deux personnes veulent modifier le même plan, elles doivent se connecter au même compte. Pas de système d’invitation, pas de rôle « lecteur » ou « éditeur » comme on en trouve sur Google Docs ou Notion.
Les options réalistes pour travailler à plusieurs se réduisent à deux scénarios :
- Partager les identifiants du compte Leroy Merlin entre les membres de la famille, ce qui implique que chacun accède aussi au panier, aux commandes et aux données personnelles du titulaire.
- Exporter le plan en PDF ou en image, l’envoyer par mail ou messagerie, collecter les retours, puis reporter soi-même les modifications dans l’outil.
- Travailler en écran partagé (ordinateur familial, tablette posée sur la table) pour que tout le monde voie le plan en même temps, mais qu’une seule personne manipule.
Aucun de ces scénarios n’est de la collaboration en temps réel. Kazaplan reste un outil mono-utilisateur dans sa conception. On ne travaille pas à plusieurs sur le même plan simultanément.

Organiser les allers-retours sans perdre de versions du plan 3D
Quand on fait circuler un projet entre conjoints, enfants adultes ou grands-parents qui financent une partie des travaux, la question des versions devient vite un casse-tête. Kazaplan ne propose pas d’historique de modifications ni de système de commentaires intégré.
Nommer et dater chaque export
La méthode la plus fiable reste manuelle : avant d’envoyer un plan pour avis, on le renomme avec la date et l’objet de la modification. « Plan-maison-cuisine-ouverte-15juin » vaut mieux qu’un fichier sans nom qui s’empile dans une boîte mail.
On peut aussi capturer plusieurs vues 3D depuis Kazaplan (vue du salon, vue de la chambre, vue d’ensemble) et les regrouper dans un document unique. Cela donne à chacun une base visuelle claire pour réagir, sans devoir se connecter à l’outil.
Centraliser les retours hors de Kazaplan
Un groupe WhatsApp ou un document partagé (Google Docs, note Apple) où chaque membre de la famille note ses remarques évite les discussions éparpillées. Le titulaire du compte reporte ensuite les modifications validées dans Kazaplan, ce qui limite les risques d’erreur ou de suppression accidentelle d’un mur porteur sur le plan.
Les retours varient sur ce point : certaines familles trouvent ce fonctionnement suffisant pour un projet de construction ou de rénovation classique, d’autres le jugent trop lent quand les arbitrages sont nombreux.
Visite virtuelle 3D Kazaplan : convaincre ceux qui ne lisent pas les plans
L’un des atouts concrets de Kazaplan pour un usage familial, c’est la visualisation 3D immersive. Tout le monde ne sait pas lire un plan en 2D. Un parent, un adolescent ou un proche qui participe au financement peut avoir du mal à projeter des cloisons et des cotes sur une vue à plat.
La visite virtuelle change la donne. On se déplace dans les pièces, on perçoit les volumes, on voit si le couloir est trop étroit ou si la baie vitrée donne bien sur le jardin. C’est souvent cette vue 3D qui déclenche les vrais arbitrages en famille, pas le plan technique.
Pour en tirer le meilleur parti à plusieurs, on peut projeter la visite virtuelle sur un téléviseur via un câble HDMI ou un Chromecast. Chacun voit la même chose, commente en direct, et le « pilote » à la souris déplace la caméra dans les pièces selon les demandes.

Kazaplan et catalogue Leroy Merlin : choisir les finitions ensemble
L’intégration au catalogue Leroy Merlin permet d’insérer dans le plan des produits réels (meubles, revêtements, équipements de cuisine ou de salle de bain). Pour une famille qui construit ou rénove, c’est un levier de discussion concret.
On peut placer un carrelage précis dans la salle de bain, tester deux coloris de plan de travail en cuisine, ou vérifier qu’un canapé repéré en magasin tient dans le salon tel qu’il est dessiné. Le plan 3D devient un outil de choix de finitions, pas seulement un document technique.
En revanche, le catalogue intégré se limite aux références Leroy Merlin. Si la famille envisage des meubles d’un autre fournisseur, il faut se contenter d’objets génériques ou de dimensions approchantes dans la bibliothèque Kazaplan. Ce n’est pas bloquant, mais cela demande un peu d’imagination sur le rendu final.
Ce que Kazaplan ne remplace pas dans un projet maison familial
Kazaplan est un outil de conception et de visualisation, pas un outil de gestion de projet. On n’y attribue pas de tâches, on n’y suit pas un budget, on n’y stocke pas les devis des artisans.
Pour un projet de construction ou de rénovation mené en famille, le plan 3D couvre une étape précise : la définition des espaces et des volumes. Les étapes suivantes (choix des entreprises, suivi de chantier, respect du budget) nécessitent d’autres outils ou un tableur partagé.
La disparition de la communauté Kozikaza, où les utilisateurs partageaient leurs projets et recevaient des avis d’autres particuliers, n’a pas été remplacée à l’identique dans Kazaplan. On perd cet espace d’échange entre familles qui permettait de comparer des agencements ou de repérer des erreurs courantes.
Un plan Kazaplan bien construit reste un excellent support pour dialoguer avec un architecte ou un maître d’œuvre. Il ne remplace pas leur expertise, mais il accélère les premiers échanges en montrant clairement ce que la famille a en tête, volumes et finitions compris.

